Budget de 2019-2020 : le Majlis impose au gouvernement l'augmentation des salaires
06 March, 2019
Le projet de loi sur le budget iranien 2019-2020 a été adopté après des débats intenses au Parlement. La controverse porte sur les augmentations des salaires. Le budget de l'année suivante a été augmenté de 43%, la plus forte augmentation annuelle depuis 20 ans.
Photo: Roohollah Vahdati - ISNA

Le projet de loi sur le budget iranien 2019-2020 (une année iranienne étant solaire, commence le 21 mars) a été adopté après des débats intenses au Parlement. La controverse porte sur les augmentations des salaires. Le budget de l'année suivante a été augmenté de 43%, la plus forte augmentation annuelle depuis 20 ans.

La partie la plus controversée du budget porte sur une augmentation de 400 000 T (environ 26€) des salaires des employés et des pensions des retraités gouvernementaux. Elle donne, en plus de cela, le droit au gouvernement d’augmenter de 10% les salaires des fonctionnaires. Le gouvernement a déclaré que le Parlement avait ajouté cette clause au budget sans prendre en considération les revenus de l’État. "Le gouvernement n’est pas en mesure d’appliquer ce projet de loi " s’est également exprimé, Mohammad Bagher Nobakht, directeur de l'organisation iranienne du plan et du budget. Cela n’est que le début de l’affaire, en réponse à une question d'un des députés concernant les propos de M. Nobakht, le président du Majlis, Ali Larijani, a réagi en hémicycle : "ils sont dans l’obligation d’appliquer la loi".

Difficulté budgétaire à cause de l’inflation

Une partie de l’augmentation du budget annuel de l’État serait en réalité neutralisé sous l’effet de l’inflation qui est dépassée la barre de 42%. Cela a conduit le Parlement à une augmentation des salaires de tous les employés de l’État et des pensions des retraités, environ 3.3 millions de personnes. Les retraités dont la pension mensuelle est inférieure à 2,5 millions de tomans (environ 165€) sont considérés comme une priorité. L’augmentation de leurs pensions doit être effective selon la loi dès le 21 mars, le début de l’année iranienne. Le gouvernement affirme que le projet de loi budgétaire initial avait prévu une augmentation de 20% des salaires. Mais la décision du Parlement afin d’augmenter de 400 000 T  le salaire des employés et des retraités va mener, d’après M. Nobakht, à une injustice "fiscale" : au bout de compte, les personnes à faible revenu devront payer plus d’impôts.

Le retour du coupon

Le retour du coupon, sous forme électronique, constitue une autre partie du budget de l'année suivante. Face à l’augmentation des prix et la baisse du pouvoir d’achat de la population, le gouvernement cherche à mettre en place un nouveau dispositif d’aide aux personnes en difficulté. Le prix moyen des aliments au mois de février a augmenté de 64% comparé à l'an dernier. Une telle augmentation des prix est sans précédent depuis la guerre avec l’Irak (1980-1988). Le prix de la viande rouge et du poulet est en moyenne au moins le double de celui de l’année dernière. Le prix de certains fruits et légumes a triplé. On estime que 14 milliards de dollars issus des ventes de pétrole seront consacrés à l'importation de biens de première nécessité, de produits pharmaceutiques et d'autres produits essentiels, et seront distribués à bas prix. Les consommateurs de ces produits pourront faire leurs achats avec des coupons électronique distribué pas le gouvernement.

Préoccupé par le déficit budgétaire

Le Parlement iranien estime que la vente de pétrole de l'année prochaine - à cause des sanctions américaines - représentera environ le tiers des exportations habituelles de l'Iran avant les sanctions qui était de 2.5 millions de barils par jour. Cependant, le budget général du gouvernement, la composante budgétaire la plus importante, a augmenté d'environ 22% au Parlement (passant de 433 000 milliards de tomans dans le projet de loi à 528 milliards de tomans). Le Parlement ne partage pas l’optimisme du gouvernement concernant le niveau d’exportation de pétrole. Un groupe de députés de la commission des affaires économiques ont  une vision moins optimiste et estiment que le déficit budgétaire de cet année sera environ 100 000 milliards de Toman. Ce chiffre représente un cinquième du budget général. Le gouvernement est déjà aux prises avec un déficit budgétaire historique, et l'augmentation de ce déficit pourrait stimuler encore plus l'inflation.

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